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- Lettre Ouverte au
PDG du Groupe Casino
Monsieur Jean-Charles NAOURI
Président Directeur
Général du groupe Casino
Saint-Etienne
Monsieur Le Directeur,
Je me permets de vous écrire au vu des récents développements que la
diaspora vietnamienne de Paris et de France vient de remarquer, à notre
grand désarroi, au sein de votre magasin Géant Massena dans le 13ème
arrondissement de Paris.
Il se trouve, en effet, que vous avez récemment mis en place des
éléments de décors et de présentation à l’effigie du régime communiste
vietnamien dans votre établissement.
Je voudrais vous faire part de deux mots qui me viennent à l’esprit et
qui se propagent actuellement au sein de la diaspora vietnamienne de
Paris et de France.
Le
premier des deux est la tristesse. Tristesse pour moi-même, ma femme,
mes enfants et les millions de vietnamiens qui ont dû FUIR le Viet-nam
après l’invasion des communistes nord-vietnamiens au Sud en Avril 1975.
Nous avons tout perdu, non seulement nos biens, nos maisons, nos terres
et des êtres chers en qui nous tenions, mais aussi notre Liberté.
Liberté de circuler, de parole, de croyance politique et religieuse,
toutes ces libertés qui constituaient le socle de notre jeune
démocratie en guerre à l’époque, et que l’on nous a enlevées pour nous
imposer à la place un régime totalitaire communiste et dont l’emblème
EST ce drapeau rouge à l’étoile jaune !
Pour ma part, j’ai passé sept années de ma vie à essayer de survivre
dans les camps de concentration communistes après la chute de Saïgon en
1975. J’ai passé sept années de ma vie à voir tant de mes amis, de mes
proches et d’inconnus mourir de faim, de soif, ou encore rendre leur
dernier souffle après avoir été accrochés nus à un poteau de bois des
jours entiers sous les rayons de notre doux soleil. J’ai passé sept
années de ma vie à préserver ce qui fait de moi, de nous en fin de
compte, des êtres humains : ma dignité.
Quel est le point commun entre toutes ces atrocités ? C’est ce drapeau
rouge, ce drapeau rouge à l’étoile jaune, cet emblème rouge du sang
provenant des millions, ou plutôt devrais-je dire, des dizaines de
millions de vies sacrifiées sur l’autel de la lutte des classes au
cours de notre Histoire récente.
Cette souffrance, nous l’avons subie non pas par parce que nous aimions
voir des films français ou boire des « coca-colas », nous l’avons subie
parce que nous avons refusé de croire en une idéologie totalitaire,
basée sur la haine des classes, la suspicion, la dénonciation et la
peur.
Je le redis, nous avons tout perdu, mais il y a une chose que nous ne
pouvions pas admettre de perdre, c’était notre Liberté. Nous avons dû
ainsi, pour ceux qui ont pu s’évader ou fuir ce régime, quitter notre
terre natale, pour traverser sur des petits bateaux de bois la mer de
Chine méridionale, au péril de notre vie et de celle de nos familles :
nous préférions mourir en essayant de fuir que de mourir en esclaves.
Cette liberté, certains l’ont trouvée aux Etats-Unis d’Amérique,
d’autres en Australie, moi, je l’ai trouvée en France, dans ce pays qui
est devenu le mien, cette nation qui est devenue ma terre d’asile et où
j’ai retrouvé cette Liberté, cette dignité que l’on m’avait enlevé
quelques années auparavant.
Et
c’est là que nous vient à l’esprit le deuxième mot : la colère.
Colère parce que vous nous mettez en présence même de l’emblème du
régime totalitaire que nous avons dû fuir. Des millions de boat-people
et land-people vietnamiens sont morts sur le chemin de la liberté.
D’autres ont réussi ce périple, dont moi ; à votre avis, avons-nous dû
endurer toutes ces souffrances et quitter notre terre NATALE pour nous
retrouver nez à nez avec ce drapeau communiste ?
Et je me permettrais de vous rappeler que c’est cette diaspora
vietnamienne, constituée des réfugiés politiques, qui constitue, au
sein de votre établissement, une grande part de votre clientèle.
Je voudrais ainsi vous exprimer notre détermination la plus totale à
nous opposer à la propagande que vous offrez à ce régime de mafieux
rouges que représente le régime communiste vietnamien actuel.
Cette détermination s’exprimera de manière pacifique, par un boycott
total de votre magasin de la part de notre communauté, mais aussi par
des actions citoyennes que nous engagerons à l’entrée de votre magasin
pour montrer à la population le vrai visage de ce régime totalitaire.
Veuillez
croire, Monsieur le directeur, que nous ne voulons aucunement nuire à
l’encontre de votre activité, de votre magasin et de votre personnel,
mais ce qui se passe actuellement est une insulte à la mémoire de
celles et ceux qui ont perdu la vie parce qu’ils refusaient de partager
la croyance en une idéologie : le communisme.
Il est cependant évident que le dialogue est préférable dans cette
situation, c’est pourquoi je suis à votre disposition pour organiser
une rencontre entre nos deux parties.
Je vous remercie de votre attention
Veuillez croire, Monsieur le Président Directeur Général , en mes
salutations les plus sincères.
P.S. : Si possible, je
vous saurai gré de retirer les drapeaux rouges à l’étoile jaune dès que
possible, dans la mesure où la situation pourrait dégénérer.
Van Khanh DANG
Citoyen
français
hq501kt@yahoo.fr

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Prisonnier français du Viet Minh( Viet Cong) Camp
113 avec Georges Boudarel comme Instructeur politique
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Boat people Viêtnamien après la chute de
Saigon (avril 1975)
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