|
*
*
*
Introduction
Pourquoi une planche sur la physique me direz vous? Et quel rapport
avec la franc-maçonnerie?
A un moment où voient le jour des polémiques nombreuses, alimentés par
des pasteurs évangélistes américains et certains auteurs français
de best-sellers, autour de la création (ou pas) de l'univers, du
rôle joué par une force supérieur et infinie, et où les progrès de
cette science font dire à certains que la physique n'est pas loin
de permettre de voir le « visage de Dieu » il m' a semblé
nécessaire de faire le point sur le rôle et l'objectif de la physique
d'une part et sur ses supposés liens avec la « métaphysique »
et la religion.
Mais l'autre raison pour laquelle j'ai voulu faire cette planche est
que la physique présente des points communs avec la
franc-maçonnerie. La physique cherche à percer la vérité des lois
de la nature sans dogmatisme en utilisant la symbolique mathématique.
Elle est « laïque ». En effet quand FF Pierre Simon de
Laplace présente le fruit de ses recherches à Napoléon celui-ci
lui demande : « Où est Dieu dans tout cela ? »; et le scientifique de
répondre : « Dieu est une hypothèse
dont je n'ai pas eu besoin. » Autrement dit, pas besoin d'une
divinité pour expliquer la nature et son fonctionnement, le mouvement
des planètes et l'agencement des corps célestes.
Depuis l'origine l'homme a essayé de comprendre la nature, et quand il
ne comprenait pas un phénomène il a crée des mythes comme la cosmologie
antique, ou plus tard les religions. Les religions posent comme
postulat l'existence d'une force supérieur à laquelle l'homme se
réfère quand il ne comprend pas.
Toutes les grandes civilisations ont eu leur propre perspective du
cosmos. Les Incas, les Aztèques, les Mayas, les Africains, les Chinois,
les Bouddhistes, les Hindous ont développé leurs propres cosmologies.
Mais toutes ces théories étaient dans une large mesure considérées d'un
point de vue religieux.
Je cite ici le physicien John Barrow: « La cosmologie antique
n'est pas scientifique. Sa raison d'être n'est pas plus d'expliquer les
phénomènes observés que de faire des prédictions. Elle est plutôt de
border un canevas de significations grâce auquel ses auteurs peuvent se
présenter eux mêmes et référer l'inconnu et le mystérieux.
L'organisation de la société peut alors être justifiée et renforcée en
la calquant sur l'histoire des origines du monde ».
Cette planche est divisée
en quatre parties.
1.Un peu d'histoire pour placer cette
science dans son contexte historique et voir le cheminement de la pensée
2. Les théories actuelles
3.Physique et métaphysique
4.Enfin quelques
perspectives et/ou spéculations scientifiques
Je me suis inspiré pour faire ce travail de nombreux ouvrages, certains
scientifiques d'autres plus grand public et d'articles parus dans des
revues de physique ou sur le Web. Certaines définitions proviennent de
Wikipédia. Je donne à la fin de l'exposé une bibliographie
de tous ces ouvrages.
La physique (du grec φυσις, la
nature) est étymologiquement la «science de la nature». Dans un sens
général et ancien, la physique désigne la connaissance de la
nature ; Au XXIe siècle, sa signification est plus
restreinte;elle décrit de façon à la fois quantitative et conceptuelle
les composants fondamentaux de l'univers, les forces qui s'y exercent
et leurs effets. Elle développe des théories en utilisant l'outil
mathématique pour décrire et prévoir l'évolution de systèmes. La
signification ancienne de la physique rassemble l'actuelle physique, la
chimie et les sciences naturelles actuelles.
La physique n'accepte comme résultat que ce qui est mesurable et
reproductible par expérience.
L'histoire de la physique se confond avec l'histoire de l'humanité. Il
y a 5000 ans les hommes faisaient des observations et essayaient de
reproduire des phénomènes. Les observations permettaient de constater
la reproduction des phénomènes en cycles (cycle jour nuit, saisons...)
et donc on en déduit que la nature obéit à des lois. C'est sur
les berges des fleuves du Tibre, de l'Euphrate et du Nil que les
premiers observateurs scientifiques ont ainsi opéré; comme à
Stonehendge et Carnac.
Dans l'antiquité (environ 500 ans avant JC) on essaye de comprendre la
matière et l'univers. Les premiers physiciens de l'antiquité furent
aussi des philosophes. La physique était l'une des trois branches de la
philosophie.(la physique, l'éthique et la logique.)
Les philosophes dits pré-socratiques ont essayé de comprendre les
phénomènes de la nature en rompant avec la tradition religieuse et
mythologique en s'aidant d'observations méthodiques et rigoureuses
comme par exemple l'étude des quatre éléments (l'air, l'eau, le feu et
la terre).
Démocrite et Leucipe, les premiers philosophes atomistes, énoncent le
principe de la constitution de l'univers par des atomes, particules
élémentaires non sécables, et de vide. Cette théorie est basée sur
l'observation des petites particules de poussière en suspension dans
l'air. Il s'agit de la première théorie matérialiste. C'est encore un
des postulats de la physique atomique et nucléaire aujourd'hui, même
si, de nos jours, ces particules s'appellent des quarks ou des leptons.
Platon chercha à travers les éléments primordiaux symbolisés par des
polyèdres, à expliquer la naissance du monde.
Aristote peut être considéré comme le précurseur de Newton en étudiant
les causes du mouvement.
Épicure dans sa lettre à Hérodote a témoigné un vif intérêt pour
l'étude de la nature. Je citerai ici son passage concernant l'univers:
« L'univers est infini. En effet, ce qui est fini a une extrémité
; or, celle-ci est considérée par rapport à quelque chose qui lui est
extérieur, de sorte que s'il n'a pas d'extrémité il n'a pas de fin ;
mais s'il n'a pas de fin il est infini et non pas fini » . On se
croirait en plein débat actuel entre les astrophysiciens qui
s'interrogent pour savoir si l'univers est fini ou infini. Quel
modernité!
En Asie à la même époque, le chinois Zou Yan (-300 ) explique que toute
substance est un mélange de 5 éléments : la terre, l'eau, le feu, le
bois et le métal. Ces éléments interagissent grâce au principe du
Yin et du Yang, deux forces opposées.
Au moyen age la civilisation Arabo-musulmane a permis de sauvegarder la
science des grecs comme Aristote dont le premier livre
« Physique » a donné son nom à cette science. Les principaux
progrès scientifiques du Moyen-Age sont dus aux savants Arabes
(mécanique, mathématiques) et indiens (invention du zéro).
Les débuts de la physique moderne comme on la conçoit aujourd'hui
peuvent se situer au XVII siècle avec les observations de Galilée.
Mais la rigueur mathématique fut apporté par Descartes dans son
discours sur la méthode, véritable traité sur la démarche des sciences
dites « exactes », fondées sur les raisonnements logiques et
la déduction. Cette démarche fit progresser la physique dans des
domaines comme la mécanique classique, l'optique, le calcul
différentiel, la géométrie analytique...
- Newton le père de la physique moderne
Newton a mathématisé la
nature. Trois siècles après on s 'étonne encore de la simplicité de la
représentation mathématique des lois de la nature.
Dans son ouvrage « Principes mathématiques de la philosophie
naturelle », publié en 1687, il énonce le principe de la
gravitation universelle et pose les fondations de la mécanique
classique moderne. Ses théories sont encore valables aujourd'hui et
utilisées par les scientifiques et les ingénieurs du monde entier.
La méthode de Newton est basée sur l'observation rigoureuse des
phénomènes et une formulation mathématique. Tout en étant croyant il
pose déjà les frontières entre science et religion: « Tout ce qui
n'est pas déduit des phénomènes, il faut l'appeler hypothèse ; et
les hypothèses, qu'elles soient métaphysiques ou physiques, qu'elles
concernent les qualités occultes ou qu'elles soient mécaniques, n'ont
pas leur place dans la philosophie expérimentale. »
Ses lois fondamentales du mouvement stipulent:
1.Principe d'inertie: tout corps au repos
reste au repos si aucune force extérieur n'est exercée sur ce corps. A
rapprocher de l'ataraxie chère à Démocrite et plus tard à Épicure
pour designer le bonheur (ataraxie de l'âme: absence de trouble)
2.Principe de la
dynamique: l'accélération d'un corps dépend de la force et de la
masse.
3.Principe de l'action
réaction.
Les lois de Newton sont valables encore aujourd'hui pour expliquer la
plupart des phénomènes de la mécanique de la vie courante (il s'agit de
la mécanique classique). Mais les limites de ces lois vont vite pousser
les scientifiques à chercher d'autres pistes pour expliquer
le mouvement des planètes et l'infiniment grand avec une meilleur
précision ou l'infiniment petit, et les interactions entres les
particules élémentaires. Ce sera la naissance de deux théories majeures
qui sont le fondement de la physique du 20ème siècle: la relativité
générale et la physique quantique.
- 2. Les théories
actuelles
- Physique quantique ou le Hasard roi.
La matière: l'univers est
constitué de matière (nous verrons par la suite que la matière et
l'énergie sont équivalentes) et de vide.
L'atomisme de Leucipe et Démocrite est une idée philosophique qu'aucune
expérimentation scientifique vient corroborer. Pourtant l'atomisme est
finalement devenu la pierre angulaire de la physique. On peut supposer
que d'autres idées dépourvues de fondement de nos jours se révéleront à
l'avenir des réalités.
Penchons-nous maintenant sur ce qui constitue la matière. Démocrite
avait nommé la plus petite partie de cette matière « atome »
c'est à dire insécable.
Le
modèle atomique de Bohr est resté longtemps la représentation
la plus fidèle de la constitution de la matière dans ses plus petits
constituants. Ce modèle très séduisant considérait que l'atome
est constitué d'un noyau dans lequel cohabitent des protons, des
neutrons et des électrons qui gravitent autour du noyau comme les
planètes autour du soleil. Des forces atomiques et nucléaires très
importantes font que les neutrons et les protons sont très solidement
liés.
La théorie actuelle sur la constitution de la matière s'appelle: le
modèle standard.
Le modèle standard considère que la matière est constituée de
particules élémentaires et de forces qu'on appelle des interactions
fondamentales. Ces interactions sont plus ou moins fortes en fonction
du rôle joué. Ainsi nous trouvons l'interaction forte responsable de la
cohésion des noyaux atomiques; l'interaction faible responsable de la
radio-activité beta, qui permet au soleil de briller; l'interaction
électromagnétique responsable de l'électricité, du magnétisme, de la
lumière ou encore des réactions chimiques et biologiques; et enfin la
force de gravitation responsable de la pesanteur, de la marée ou encore
des phénomènes astronomiques. Cette dernière est la plus faible des
quatre.
L'énergie nécessaire pour extraire un électron de l'atome est
relativement faible par rapport à l'énergie nécessaire pour casser le
noyau. Dans ce noyau on trouve toute la poésie de la physique: des
quarks pourvus de saveurs dénommés quark charme, quark strange, quark
beauty ou quark truth.
Ainsi on sait maintenant que la transformation du plomb en fer, vieux
rêve des alchimistes, est possible à condition de casser le noyau de
plomb et de le reconstituer. Mais l'énergie nucléaire nécessaire
est disproportionnée à la valeur de l'or obtenu.
La
physique quantique étudie les trois premières forces. La
relativité générale étudie la force de gravitation.
Essayons maintenant de comprendre pourquoi et comment ces forces
agissent pour donner des atomes stables, qui à leur tour grâce aux
forces chimiques donneront des molécules, qui donneront des métaux
comme le fer ou des cellules pour les êtres vivants.
La physique quantique a apporté une révolution conceptuelle qui se
répercute jusqu'à la philosophie.
Le postulat de base est que l'énergie du rayonnement est discontinue.
Cette théorie est celle de Planck et s'appelle la théorie de quanta
d'où le nom quantique. Un rayon de lumière est ainsi constitué de
plusieurs paquets de photons: les quantas.
Mais le théorème le plus paradoxal est celui de Schrödinger, qui montre
avec sa fameuse équation qu'en réalité les particules élémentaires se
comportent en même temps comme des particules et comme des ondes.
D'où ce paradoxe onde/ particule où l'on démontre et vérifie par
l'observation qu'une « particule » peut passer simultanément
par deux fentes et donnée des interférences, comme une onde.
Un autre paradoxe est le principe d'incertitude de Heisenberg: On ne
peut pas connaître simultanément et avec une précision suffisante la
position et la vitesse d'une particule.
De ces deux théorèmes découle cet extraordinaire principe du HASARD.
Une particule peut en un instant t se trouver à n'importe quel endroit
de l'espace sa position réellement observée est le résultat du hasard
autrement dit d'une probabilité régie par les lois de la physique
quantique.
Il ne s'agit pas là de spéculations mais de réalités démontrées tous
les jours. Je vais vous raconté ici une expérience de pensée dite « le chat de Schrödinger »
Courtesy
@ Wikipedia
Nous enfermons un
pauvre chat dans une boite munie d'un hublot. Dans cette boite, on met
un atome radioactif. Un détecteur de radioactivité réglé pour
fonctionner une minute, permet à l'aide d'un marteau relié au détecteur
de casser une fiole contenant du cyanure dès qu'une désintégration
radioactive est détectée. La physique classique nous dit qu'il n'y a
qu'une chance sur deux pour que la désintégration ait lieu au bout
d'une minute. Ainsi on observe par le hublot que le chat a une chance
sur deux de s'en sortir vivant.
Mais en réalité la physique quantique nous dit que le chat, tant que
nous n'avons pas regardé par le hublot, est mort et vivant. Les
particules radioactives conformément à l'équation de Schrödinger,
peuvent exister dans deux états superposés et simultanés. Mais dès que
nous observons par le hublot il y a ce qu'on appelle décohérence et
alors là le pauvre matou est soit mort soit vivant.
Dans le monde macroscopique la désintégration d'un noyau radioactif, un
processus microscopique, se traduit par la mort du chat, un événement
macroscopique.
La désintégration d'un noyau radioactif est un processus purement
quantique qui se décrit en termes de probabilités. Il est impossible de
prévoir quel noyau se transformera en premier ou bien quand la première
désintégration se produira. La seule chose que nous puissions calculer
est la probabilité qu'un certain nombre de noyaux se soient désintégrés
après un temps donné.
Il est évident que l'affirmation « le chat est mort et
vivant » est déroutante. Elle ne s'applique bien évidement pas au
monde macroscopique mais elle illustre le fait qu'un objet quantique
peut avoir des propriétés qui contredisent notre expérience
quotidienne.
Cette approche a amené certains penseurs à imaginer deux réalités dans
deux univers complètement parallèles et sans doute incapables de
communiquer l'un avec l'autre une fois totalement séparés. C'est une
des théories des multivers je reviendrai sur ce point plus loin.
Un autre paradoxe de la physique quantique est le phénomène EPR (Einstein, Podolsky,
Rosen).
Il est basé sur une propriété des objets quantiques (photons de
lumière, atomes, particules...) dite d'intrication quantique, parmi les
plus mystérieux pour la compréhension humaine.
Voici ce paradoxe. Deux objets quantiques séparés dans l'espace
sont dits intrigués quand ils affichent des caractéristiques
quantiques corrélées, par exemple deux photons issues du même
atome excité.
Lorsque deux particules sont dans un état d’intrication quantique,
toute mesure de l’état de l’une d’entre elles, comme son énergie, sa
vitesse ou encore son spin réagit instantanément sur l’état de l’autre,
quand bien même l’un se trouverait dans notre galaxie et l’autre dans
la galaxie d’Andromède.
L'univers abrite des connexions qui ne sont pas locales.
Pour illustrer ce phénomène, imaginez deux statues identiques, sorties
du même bloc de marbre donc intrigués. On déplace l'une des deux
statues sur Mars. Supposons que sur la statue restée à terre nous
cassons les bras (pauvre Venus de Milo...). Un observateur sur Mars
verra son Venus perdre ses bras au même moment. Bien évidement le
phénomène n'est valable que sur des objets quantiques et pas sur les
molécules ou les corps humains. Star Trek n'est pas encore une réalité.
Grâce à ce phénomène, il est possible de téléporter de l’information
quantique d’un système physique à un autre instantanément.
(l'information voyagerai-t-elle à une vitesse supérieure à celle de la
lumière?)
Ce phénomène permet aujourd'hui de fabriquer des machines de
cryptographie dont le code est inviolable et des ordinateurs quantiques
calculant à des vitesses bien supérieurs à celles des ordinateurs
traditionnels.
- Relativité générale ou Einstein l'intuition
géniale
Le meilleur moyen pour
parler de la relativité est de reprendre les mots même d'Albert
Einstein:
« La théorie de la relativité est une théorie à principes. Pour la
comprendre il faut avant tout saisir les principes sur lesquels elle
est basée. Elle ressemble à une maison à deux étages. La théorie de la
relativité restreinte et la théorie de la relativité générale. Depuis
les temps des Grecs on sait bien que pour décrire le mouvement d'un
corps on doit le rapporter à un autre corps. Le mouvement d'un véhicule
est décrit par rapport au sol, celui d'une planète par rapport à
l'ensemble des étoiles fixes visibles. C'est le premier principe de la
relativité restreindre.
Le second principe de la relativité restreinte est le principe de la
constance de la vitesse lumière dans le vide. »
De ces deux principes qui décrivent parfaitement la relativité
restreinte découlent toutes les théories de l'espace-temps, de la
contraction des longueurs pour un corps voyageant à une vitesse proche
de celle de la lumière ou encore la dilatation du temps (alors que
jusque là on croyait le temps immuable). D'où le paradoxe des jumeaux
de Langevin:
Deux frères jumeaux sont nés sur la terre. L'un décide de voyager en
empruntant un vaisseau spatial qui voyage à une vitesse proche de celle
de la lumière. L'autre reste sur la terre. Au retour du premier
celui-ci est plus jeune que son frère resté sur Terre. En
réalité il en ait rien pour des questions de changement de référentiel
mais cette expérience de pensée montre que la relativité bouleverse
toutes les notions statiques d'espace temps et ouvre la perspective des
machines à explorer l'espace-temps de ce cher H.G Wells.
La généralisation de la relativité restreinte donne la relativité
générale mais laissons de nouveau la parole à Einstein:
« Une théorie de la relativité générale doit fournir les lois de
la gravitation... Les propriétés géométriques des corps et la marche
des horloges dépendent des champs de gravitation, qui à leur tour, sont
produits par la matière ».
Autrement dit la gravitation est produite par la masse des objets et la
lumière peut être déviée par la gravitation. Ainsi on parle de la
déformation de l'espace temps à proximité d'objets très massifs. Le
temps s'écoule plus lentement (comme sur la toile de Dali où on
voit une montre allongée) à proximité d'un objet stellaire
massif. Les orbites des planètes sont ainsi expliqués par cette
déformation, la planète suit la courbure de l'espace temps.
Imaginez l'espace temps comme une toile souple avec des creux et des
bosses dues aux objets qui s'y trouvent. L'application pratique la plus
connu est le GPS qui sans la correction relativiste indiquerai la
position avec une précision de quelques kilomètres au lieu de quelques
mètres actuellement.
La cosmologie étudie
l'univers en tant que système physique. Tous les modèles de l'Univers
actuels se réfèrent aux équations d'Einstein.
Archimède comme la plupart des astronomes de l'antiquité pensait que
l'univers était fini. Quand on parle d'univers fini on imagine une
boule de matière constituée de planètes et d'étoiles plongés dans un
néant. Les théories de la relativité générale et de la mécanique
quantique, piliers de la physique moderne, nous montrent que l'univers
peut être parfaitement fini sans pour autant avoir de frontière. Ceci
grâce aux géométries non euclidiennes.
D'autres questions sont posées: l'univers est-il en expansion? Quelle
est la courbure de l'univers? Quel est la nature de la matière noire? Y
a t-il d'autres univers? Ou encore quel est l'origine de
l'univers? Etc.
Une erreur commune consiste à penser que le Big Bang est une théorie de
l'origine de l'univers. Or le Big Bang retrace l'évolution cosmologique
de l'univers depuis une petite fraction de seconde (10-43sec.) après ce
qui a pu lui donner naissance mais ne dit rien sur l'instant zéro. Mais
quid du temps avant cet instant zéro? Le temps existe- il? Nous en
savons rien. La physique tente d'apporter des réponses objectives sans
se laisser embarquer dans des discussions métaphysiques, apanage des
« people » prétendus scientifiques qui parlent du
« visage de dieu ». L'âge de l'univers a été calculé
grâce à ce qu'on appelle « le rayonnement fossile », observé
par hasard en 1963, par Penzias et Wilson. Il s'agit d'un rayonnement
provenant de toutes les directions de l'Univers d'une température de
3°K très froid. Il est évalué aujourd'hui à 13,7 milliards
d'années.
Regardons maintenant comment l'univers a évolué depuis cet instant t de
10-43 secondes.
A cet instant l'univers est un amas de forces de lumière et d'énergie.
À 10-35 secondes on assiste à une formidable inflation et à une
gigantesque expansion de l'espace. Au bout de 10-11 secondes, les
quatre forces connues actuellement (nucléaire forte, électrofaible,
électromagnétique et gravité) vont se séparer. Ensuite la matière va
dominer sur l'antimatière et au bout des trois premières minutes il y
aura la création des noyaux d'atome. C'est finalement il y a 3,5
milliards d'années que la vie est apparue sous forme de molécules
organiques et de chaines ADN.
Aujourd'hui on considère que l'univers est en expansion grâce à une
gravitation répulsive que Einstein a introduit d'abord dans ses
équations pour donner une stabilité à l'univers, qu'il a ensuite
supprimé et que, les physiciens ont ré-introduit dans les années 1980
cette fois sous la forme de matière noire pour expliquer cette
expansion observée par l'éloignement des galaxies les unes par rapport
aux autres.
Grâce à ces découvertes il semble que les pièces du puzzle cosmologique
soient en place. Malgré cela, d'épais mystères concernant l'origine de
l'univers, sa composition, et son avenir restent sans réponse. Par
exemple pourquoi l'univers est composé de seulement 5% de matière
ordinaire, de 25% de matière noire et de 70% d'énergie noire?
- 3.Physique et
métaphysique
La science est objective elle ne traite pas des perceptions mais
d'objets.
Mais nombreux sont ceux qui ont essayé de rapprocher la physique et des
idées métaphysiques. Quand la physique est incapable d'expliquer un
phénomène on substitue au doute la notion de divin.
Les scientifiques sont divisés sur le sujet.
Dans le fameux tableau de Raphaël « L'école d'Athènes » on
voit au premier plan Aristote et Platon. Aristote pointe le sol par le
plat de sa main droite, ce qui symbolise sa croyance dans la
connaissance par le biais de l'observation empirique et de l'expérience
tout en tenant, dans l'autre main, une copie de son « Ehique à
Nicomache ». Platon pointe le doigt vers le ciel symbolisant sa
croyance dans les idées.
Les philosophes qui étaient en même temps des scientifiques comme
Descartes, Pascal, Leipniz ont toujours fait référence à Dieu.
Dieu existe-t-il? Calculons. Cela pourrait être une citation de
Leipniz. L'essentiel de sa pensée y est. Interrogation fondamentale sur
la métaphysique et sur l'Être suprême, réponse sous forme d'algèbre,
utilisant une sorte d'alphabet des pensées permettant de traiter les
problèmes philosophiques comme on résout une équation.
Spinoza utilise lui la logique proposition/ démonstration: « La nature ou si vous voulez
dieu »
On attribue à Einstein qui n'a jamais voulu admettre la réalité
probabiliste de la mécanique quantique la phrase suivante: « Dieu ne joue pas aux dés »
Le dieu invoquer ici par Einstein a quelque chose à faire avec les lois
immuables de la nature et le panthéisme de Spinoza. Il disait aussi: « Je ne peux pas envisager les
traditions confessionnels autrement que par le biais de l'histoire ou
de la psychologie. Je n'ai pas d'autre relation possible avec
elles. »
Dirac disait: « Par principe je
n'ai rien à faire des mythes religieux...Je ne peux en effet croire que
ce qui est vrai. La façon dont je dois agir, je peux la déterminer tout
simplement à l'aide de la raison, en me basant sur le fait que je vis à
l'intérieur d'une communauté... »
Heisenberg lui croyait à l'ordre central de l'univers et S. Hawking
parle de l'immanence de l'univers. Il surgit de lui même par la force
de gravité. Donc pas besoin de Dieu créateur.
Enfin je citerai un autre grand scientifique Jerome Monod: « Un scientifique qui croit en dieu
est schizophrène. »
On peut conclure que l'hypothèse de dieu n'est pas nécessaire pour
faire de la physique qu'on soit croyant ou pas.
4.Et
demain? Perspectives.
Les deux piliers de la physique du XXIe siècle sont la physique
quantique permettant d'expliquer les propriétés de la matière à
l'échelle de l'infiniment petit, et la relativité générale ou la
théorie de la gravitation d' A. Einstein qui permet d'expliquer les
propriétés des corps à l'échelle de l'univers. Mais aucune théorie
physique à l'heure actuelle ne permet avec un seul jeu d'équations
d'expliquer le monde microscopique et le monde macroscopique.
La physique moderne cherche son troisième pilier qui pourra faire la
synthèse entre ces deux théories.
Une théorie qui tente la synthèse de la physique quantique et de la
relativité générale et basée sur la théorie des cordes commence à voir
le jour. Cette théorie tente d'unifier toutes les théories dans un
modèle unique.
En 1968 un jeune physicien G. Veneziano (actuellement professeur au
collège de France avec un cours tous les vendredis matin) en
post-doctorat au CERN à Genève fait une découverte géniale. Il découvre
qu'une fonction mathématique, découverte par Euler des siècles plus
tôt, peut s'appliquer à l'explication des forces nucléaires. Mais il
était incapable d'expliquer pourquoi elle fonctionnait si bien et quel
rapport avec la réalité physique. Des années plus tard des chercheurs
démontrent que la force nucléaire peut être modélisée à l'aide de
petits brins d'élastiques appelés cordes et répondant à cette fameuse
équation Euler. C'est ainsi qu'est née la théorie des cordes qui
vient confirmer la vision de Pythagore d'une harmonie suprême de
l'univers. Toutes les particules seraient ni plus ni moins des notes de
musiques fondamentales et harmoniques, de minuscules cordes vibrantes.
Après tout la musique n'est-elle pas une concrétisation sensible des
mathématiques?
Voici en résumé ce qu'est la théorie des cordes. Nous avons donc vu que
l'univers, d'après la physique quantique, est constitué de matière,
d'énergie et d'interactions entre les particules élémentaires grâce à
divers forces. Ces interactions obéissent aux lois de la nature qui
sont probabilistes et relativistes.
La théorie des cordes considère que ces particules dites élémentaires
ne sont pas des particules ponctuelles mais l'équivalent de petites
cordes dont les propriétés (spin, masse, charge, etc.) sont le résultat
de la vibration de la corde.
Imaginons une corde qui vibre à une fréquence f1; cela nous donne un
électron; une autre à une fréquence f2 donne un muon et ainsi de
suite... De cette façon on a bâtit un modèle qui englobe toutes les
particules et toutes les forces d'interaction y compris la gravitation
qui possède sa propre particule vibrante: le graviton.
La difficulté est que personne n'a à ce jour pu prouver cette
théorie; les énergies nécessaires pour « voir » les cordes
sont hors de portée de nos instruments les plus puissants comme le LHC
(large hadron collider) du CERN. Mais les physiciens espèrent que par
des mesures indirects ils y parviendront un jour. En tout cas le
modèle semble très cohérent et très prometteur d'où l'engouement
des physiciens pour cette théorie.
La théorie prévoit entre autre que l'univers possède dix dimensions
dont les quatre connus (x,y,z, t) plus six autres dites dimensions
enroulées. Imaginez une fourmi sur une ficelle tendue. La fourmi ne
voit qu'une dimension d'espace, les deux autres étant invisibles par
elle. Cette théorie implique des formes particulières de l'univers
beaucoup plus compliquées qui expliqueraient la finitude de l'univers
tout en étant non borné. Il s'agit de formes hexadimensionnelles
appelées espaces de Calabi-Yo, l'espace tridimensionnel que nous
connaissons étant rempli de ces formes hexadimensionnelles enroulées
sur elles mêmes. Ainsi en nous déplaçant dans notre espace à
trois dimensions nous pourrions traverser ces formes complexes et ainsi
l'univers macroscopique serait brodé de ces étoffes microscopiques. En
poussant encore plus l'anticipation on peut imaginer l'existence
d'autres univers invisibles mais se logeant dans ces dimensions.
On voit bien là que si cette théorie se confirme nous assisterons à une
nouvelle révolution de la compréhension de la nature aussi importante
que celle de la physique quantique et de la relativité, la science
fiction rejoint la réalité. Voyage dans le temps, téléportation,
univers parallèles, et si tout ça n'était pas que de l'anticipation?
- Voyage dans le temps: Utopie ou réalité?
On sait que d'après la théorie d'Einstein la vitesse de la lumière est
une vitesse limite que rien ne peut dépasser.
Or pour voyager dans le temps on doit pouvoir atteindre voir dépasser
cette vitesse. Comment est- ce possible?
Au LHC on accélère des particules à 99,99% de la vitesse de la lumière.
Le temps s'écoule comme la rivière vers le futur. Comment rattraper le
courant?
Pour propulser une fusée à des vitesses proches de celle de la lumière
et donc faire en sorte que le temps puisse « ralentir »
dans la fusée par rapport au temps de la terre (voir le paradoxe des
jumeaux) on peut utiliser un moteur à antimatière. Quand une particule
et une antiparticule (charge contraire) se rencontrent les deux
particules s'annihilent et une formidable énergie se dégage.
Un moteur à antimatière
est basé sur l'interaction d'un proton et un antiproton qui dégage une
énergie gamma photons propulsant la fusée à une vitesse de 99,99% de la
lumière (on ralenti le temps). Sur terre plusieurs centaines d' années
sont passées mais celui qui se trouve dans la fusée n'a passé que 10
ans.
Une autre méthode pour voyager dans le future consiste à se servir de
la gravitation et des puits de la gravitation. L'espace et le temps
sont comme un tissu qui se plisse et se déforme par les masses des
objets comme si le soleil était une boule de bowling qui courbe
l'espace-temps autour d 'elle. C'est pour cette raison que les planètes
tournent autour du soleil en suivant cette courbure qu'on appelle
les géodésiques. Les rayons de lumière aussi sont courbés par la
gravitation. L'espace et le temps ne font qu'un. Le temps se courbe
aussi. La vitesse de la lumière donc dépend des obstacles. Une grosse
masse peut ralentir le temps. On utilise les champs gravitationnels les
plus puissants autour des trous noirs (qu'on appelle des singularités
puisque les équations divergent vers l'infini). Ainsi si on tombe dans
un trou noir on vieillit moins vite que si on reste dehors ( à
condition qu'on en sorte). Au centre de notre galaxie il existe le trou
noir le plus proche de nous qui fait 4,31 millions de fois la masse du
soleil. Imaginez une tête d'épingle dans laquelle se concentre autant
d'énergie que dans le soleil. C'est un trou noir dont le centre est un
puits de gravitation très dense qui engloutit tout ce qui tombe dedans.
Pour aller dans le passé c'est encore plus difficile voire impossible
même mathématiquement puisqu'il faut voyager plus vite que la
lumière. Mais les physiciens théoriciens ne sont jamais à court
d'imagination. On utilise de nouveau la relativité générale. Un
cylindre rotatif qui tourne dans l'espace à une vitesse proche de celle
de la lumière tord l'espace-temps et celui-ci prend une forme de
boucle temporaire fermée qui permet de revenir en arrière.
L'utilisation des
« trous de vers » peut permettre de voyager dans le
passé. Un trou de vers est un « tunnel » reliant un trou noir
et un trou blanc. Un trou blanc, aussi appelé fontaine blanche,
est le symétrique d’un
trou noir. Au lieu d’aspirer toute matière, le trou blanc
l’expulse et serait alimenté par un trou noir. En tombant dans un trou
noir et en ressortant par un trou blanc donc en empruntant un trou de
vers on revient vers le passé.
Mais ces voyages dans le temps posent un problème existentiel: le
paradoxe du grand père. Si en revenant vers le passé on tue notre
grand père qu'advient-il de nous dans le présent?
Les physiciens ont une explication :l'existence d'univers parallèles.
La théorie des cordes permet cette existence, rappelons nous des
dimensions cachées.
Comme deux rails qui se divisent, les autres univers suivent d'autres
cours du temps. D'après la physique quantique un électron peut se
trouver en deux endroits en même temps. Deux électrons qui vivent dans
deux univers parallèles; un multivers ce n'est pas de l'anticipation
mais la réalité. On peut donc tuer son grand père tranquillement dans
un univers parallèle et revenir dans son monde et continuer à exister.
Les théories sur le voyage dans le temps sont encore des théories
d'anticipation même si elles se basent sur la théorie de la relativité
et la mécanique quantique qui sont elles largement démontrées
expérimentalement.
Toute théorie physique
est toujours sujette à réfutation. En effet toute hypothèse peut être
réfutée par des résultats d'expérimentation et en ce sens la physique
est toujours une science qui se met perpétuellement en question.
Dans la pratique les théories suivantes sont des extensions des
théories précédentes et ainsi le physicien bâtit sur les théories de
ses prédécesseurs. La physique restera toujours une science de la
quête de la vérité et à mon avis jamais on ne pourra dire qu'on a tout
compris des lois de l'univers. Un physicien doit rester humble et
pragmatique.
Certains cherchent le sens de la vie dans la religion qui fournit des
réponses toutes faites, d'autres dans l'art, d'autres disent que le
sens de la vie est la vie elle-même. Et pour les physiciens, le sens de
la vie est cette quête permanente de la vérité, ce chemin vers la
connaissance.
Mais je ne peux pas finir cette planche sans citer celui qui m'a donné
le goût de la physique, le génie pur mais aussi l'humaniste: A Einstein
« Ma condition
humaine me fascine. Je sais mon existence limitée et j'ignore pourquoi
je suis sur cette terre mais parfois je le pressens. ..La vertu
républicaine correspond à mon idéal politique. Chaque vie incarne la
dignité de la personne humaine, et aucun destin ne justifierait une
quelconque exaltation de quiconque... J'éprouve l 'émotion la plus
forte devant le mystère de la vie. Ce sentiment fonde le beau et le
vrai, il suscite l'art et la science. L'effort constant vers la
connaissance, par sa nature propre, nous pousse en même temps vers
l'intelligence... »
D'un point de vue technologique l'homme est limité à la terre et à ses
environs. Mais la projection de la pensée et l'effort collectif, ont
permis d'explorer des pans entiers de l'univers que la raison jusqu'à
maintenant avait du mal à concevoir. Mais ces découvertes qui
bouleversent nos paradigmes quotidiens, sont encore loin d'expliquer la
question fondamentale que posait Leibniz: Pourquoi l'univers existe?
Pan. T.
*
* *
Physique
-R Penrose A la découverte des lois de l Univers
-S Hawkin: Une brève histoire du temps
-S. Hawking- R. Penrose: La nature de l'espace-temps
-JP Luminet: L'Univers chiffonné
-B. Green: L'Univers élégant
-B. Green: La magie du cosmos
-A Einstein: Comment je vois le monde
-A Einstein: conceptions scientifiques
-J. Barrow: la grande Théorie
-H Reeves: Patience dans l'Azur
-E Schrödinger: Physique quantique et représentation du monde
-E Klein: Petit voyage dans le monde des quanta
-R Feyneman: La nature de la physique
-W Heisenberg: La partie et le tout. Le monde de la physique atomique
-Sheldon Glashow: Le charme de la physique
-M Bitbol: Mécanique quantique. Une introduction philosophique.
-L' anthologie du savoir: La physique: Les plus grands textes d'
-Empédocle à Schrödinger.
Philosophie
-Platon Timée
-Aristote Physique
-Spinoza Traité de la réforme et de l'entendement
-Lepniz Discours de la métaphysique
-Descartes Discours de la méthode
-Pascal pensées
-Epicure: lettre à Menecée, lettre à Hérodote
-Lucrèce: de la nature
|