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Adolphe THIERS, né à
Marseille en 1797, mort en 1877 à Saint Germain en Laye.
Enfance pauvre,
malgré des
ascendants riches par sa mère, née AMIC de la bonne bourgeoisie
commerçante.
Adolphe THIERS nait dans une famille, proche du pouvoir,
ruinée et déclassée suite à la chute de
l’ancien régime. Négociants marseillais par sa mère, aisés sous
l’ancien
régime, ruinés par la Révolution.
Il faut voir dans les
origines de l’enfant THIERS son penchant royaliste qui ne le quittera
que,
ironie de l’histoire, lorsqu’il porta lui-même la 3ème
République
sur les fonds baptismaux.
Son père indigne descendait
d’un intendant royal, d’un conseiller à la Cour des Comptes, d’un
inspecteur
des monnaies. En 1734, son grand-père Louis Charles THIERS était avocat
à la
Cour du Parlement de Provence.
La Révolution marque la
décadence des THIERS. Louis Charles quitte le barreau en 1770 et se
fait nommer
par le Roi, « archivaire », secrétaire de la Ville de
Marseille ce
qui correspond à Secrétaire général ou
Directeur Général des Services au grade actuel. Il en est chassé par la
Révolution en 1790. Les notables marseillais le soupçonnaient d’être
l’informateur du pouvoir central. Louis Charles aime l’argent, il est à
peu près
certain qu’il a transmis cette passion à son petit-fils, à travers les
récits
de sa mère.
En 1779, Louis Charles
possède un navire de commerce, armé de 4
canons et dont les dépenses d ‘armement pour un voyage en Martinique
s’élèvent
à 5 000 livres, sans compter la valeur de la cargaison environ
20 000
livres. Son patrimoine immobilier comportait 3 maisons bourgeoises à
Marseille,
une propriété de campagne à Château Gombert, la Révolution confisquera
ces
biens.
En 1789, l’archivaire
tourne sa veste avec le vent. Il participe à la préparation des Etats
généraux
de 1789, il rédige le rapport octroyant le titre de citoyen de
Marseille à
Mirabeau, élu député du Tiers état. Malgré ce revirement politique il
n’en tire
aucun profit. En 1790, il perd son
emploi à 76 ans, sa retraite est supprimée. Il est inscrit sur la liste
des
émigrés avec séquestration de ses biens, sous prétexte qu’il est parti
vivre
chez sa fille à Menton (à l’étranger à l’époque). Revenu à Aix pour
récupérer
ses biens, il est emprisonné pendant la Terreur, il a quasiment tout
perdu.
Ruiné, il meurt à Menton en 1795.
Le fils de Louis Charles
naquit en 1759. (annexe
1)
La vie aventureuse du père
de THIERS nécessiterait un livre, si la vie d’un voyou intéressait le
lecteur.
Nul ne sait par quel
revirement, retournage de veste ou protection des gens de justice, en
1795,
Louis THIERS, fugitif depuis 1793, est nommé, pour prix de ses
trahisons,
accusateur public auprès du Tribunal de Marseille, certainement en
contrepartie
de dénonciations de ses anciens compagnons royalistes.
Ce poste
« sensible » lui assure un traitement de 7 000 livres
par an. En
1795, il aide à faire sortir Lucien BONANPARTE de prison. Le frère de
Napoléon
BONAPARTE, en pleine ascension entre dans Marseille en mars 1796.
Lucien
BONAPARTE accompagne son frère dans la campagne d’Italie. Pour
remercier Louis
THIERS, il le fait nommer fournisseur aux Armées. Louis THIERS, sans
scrupules,
séduit et engrosse une jeune femme de 22 ans, Marie Madeleine AMIC.
Elle donne
naissance le 18 avril 1797 au petit Adolphe THIERS. Sa 1ère
épouse,
Marie FOUGASSE étant morte le 3 mars de la même année, Pierre Louis
THIERS,
épouse la jeune AMIC et reconnait son fils Adolphe, puis il disparait.
Il
réapparaitra en 1825, père indigne, pour réclamer de l’argent à son
fils.
Adolphe THIERS,
personnalité puissante, nait d’une lignée royaliste qui a côtoyé le
pouvoir
sous l’ancien régime mais aussi sous le Directoire et la 1ère
République. En raison de sa grande pauvreté, la mère de THIERS, a dû s’adresser à la justice en 1799 pour
obtenir une pension alimentaire de 400 francs annuels. C’est la
grand-mère
d’Adolphe qui la versera. Pourtant son père, fournisseur aux Armées du
clan
BONAPARTE, mène grand train de vie. En 1799, à la veille du 18 bruma ire, ce voyou sans scrupule, est propriétaire
de 2 magnifiques domaines à Coutances. A Paris, il vit entouré des 3
enfants de
son 1er mariage, de ses 2 maîtresses Italiennes, 2 sœurs qui
lui ont
ajouté 2 enfants. Cette tribu vit sous le même toit.
Pendant cette période faste
pour son père, le jeune Adolphe est élevé par sa mère et sa grand-mère
AMIC à
Marseille, dans la misère et totalement abandonné. Son oncle AMIC vit à
l’Ile
Maurice, ruiné par la guerre avec l’Angleterre.
Il est évident que le jeune
THIERS a été marqué, dans son enfance, par son entourage féminin et la
grande
pauvreté de sa condition sociale issue pourtant d’une lignée de
privilégiés de
l’ancien régime.
Certainement influencé par
les récits de sa mère sur les voyages de son aïeul AMIC, fournisseur du
Grand
Turc et de Louis XV, THIERS a gardé au fond de lui-même un attachement
filial
au bon souvenir de la royauté : régime sous lequel, à son sens, il
était
possible de s’enrichir.
Adolphe, au lycée de
Marseille, était un élève brillant. Les lycées sous BONAPARTE étaient
des
institutions politiques destinées à former une jeunesse de serviteurs
de l’Etat
et de soldats. BONAPARTE se méfiait des générations ayant connu la
Révolution
au goût de la liberté.
Travailleur acharné aux
études, THIERS soumis aux privations de toutes sortes vis-à-vis de ses
camarades issus de familles aisées, garda toute sa vie un attrait
irrésistible
pour l’argent qui lui a tant manqué.
En 1815, sur les conseils
de son proviseur et avec une recommandation écrite élogieuse de ses
professeurs, il entame des études de droit à Aix. Ses 2
« mères »,
mère et grand-mère, ne le rejoindront à Aix qu’en 1818. Ses études et
son
hébergement étant financés par sa marraine et une de ses tantes (logé
chez un
menuisier et un maçon).
En 1818, il est avocat et
commence à plaider à Aix. Notable respecté, il habite avec ses 2 mères
dans une
maison simple et confortable de la banlieue d’Aix.
A cette époque, il
écrit : - un essai de philosophie
-
Un essai
sur l’éloquence judiciaire
-
Une pièce
de théâtre : Tibérius
Gracchus
-
Un essai
sur l’éloge de Vauvenargues.
De sa période aixoise, il
gardera de solides et durables amitiés. Les plus célèbres de ses amis
sont : AUDE, futur maire d’Aix, ROUCHON, futur magistrat, TEULON
devint
député monarchiste de Juillet et de la 2ème République,
BORELY
devint procureur général, FLORET, le Préfet qui surveillera Louis
THIERS et,
enfin MIGUET, futur journaliste politique célèbre.
« Vive Adolphe 1er ! »
scandaient-ils tous dans une fête, « quand il sera
ministre ! »,
c’est une ritournelle qui sonne bien à ses oreilles.
Lui-même étouffe à Aix. Il
proclame : « J’aimerais les femmes, la table, le jeu, mais je
n’ai
point d’or ». « ma mère me donne pour manger et non pour
voyager ».
Il emprunte de l’argent à
ses amis et en septembre 1821, THIERS prend la diligence pour Paris
avec en
poche 2 lettres de recommandation, l’une du Dr ARMAND, personnalité
libérale
pour le député de gauche MANUEL, et l’autre de PELLENC, ancien
secrétaire de
MIRABEAU, pour le Duc de La ROCHEFOUCAULD-LIANCOURT, libéral et
philanthrope,
qui lui offre une place de secrétaire à 1.500 francs par an.
C’est le portrait que
BALZAC en fit pour son personnage Rastignac.
A 24 ans, il sera
journaliste au « Courrier Français », journal d’opposition
« de
gauche sous la Restauration, on disait alors libéral, où il a rejoint
son ami
MIGUET.
L’éligibilité à plus de 40
ans et le vote censitaire, ne lui permettent aucune investiture.
THIERS,
intéressé par la politique ne peut que travailler dans le journalisme.
Il a
l’intuition de la force naissante de la presse.
Citons CHATEAUBRIAND, à
l’époque, il écrivait : « la presse….une force autrefois
inconnue,
c’est la parole à l’état de foudre, c’est l’électricité sociale »
BALZAC : « la
presse est en France un 4ème pouvoir dans l’Etat ».
Futur 1er
ministre de Louis-Philippe, il fait ses premières armes au
« Constitutionnel », journal concurrent. Il est d’ailleurs le
journaliste le mieux payé du journal ; journal plus réformiste que
révolutionnaire. Mais son attrait pour l’argent l’emporte. Bourreau de
travail,
il devient multicartes et reporter, pour d’autres organes, en
particulier, à 26
ans, il écrit pour la Gazette d’Ans bourg, pour 200 francs par mois,
journal lu
dans toutes les cours européennes, au poids politique considérable. (annexe 2)
L’orgueil de THIERS
alimente une ambition démesurée motivée par le sentiment de revanche
sur son
enfance pauvre dans une famille humiliée. Il n’aura de cesse que de se
hisser
au premier rang de la société.
Louis-Philippe a essayé de
s’en servir comme bouée de sauvetage mais il était trop tard.
Pour arriver au pouvoir, il
faut être riche. A l’époque, pour être électeur et éligible, il faut
être
imposable à hauteur de 300 francs. Le vote censitaire limitait ainsi à
70.000
le nombre d’électeurs. Le métier de journaliste le nourrit mais les
revenus
d’un travail acharné ne lui rapportent en moyenne que 17 francs par
jour
(salaire moyen d’un ouvrier 3 francs par jour).
En 1822, à 25 ans, il
publie son Histoire de la Révolution, en 1824 l’Histoire de l’Empire.
M.
LECOINTE, libraire, accepte de verser 15.000 francs pour une réédition
de
l’Histoire de la Révolution.
THIERS s’empare de la
presse. FOUCHE, l’homme de TALLEYRAND, fonde le journal « le
Constitutionnel ». Grâce à ses relations, il entre au conseil
d’administration du « Constitutionnel ». Il recevra une
rétrocession
de 5.000 francs par an sur les dividendes.
De VILLELE, alors ministre
de CHARLES X, ébloui par son talent, tentera d’acheter THIERS, et de
mettre sa
plume au service du pouvoir (les ultras). Mais THIERS ne marchera pas
par
intuition de la chute politique des ultras.
Malgré tout, son travail ne
suffit pas pour réussir. La fréquentation des salons multiplie ses
relations
mondaines. Il profite de ses nouveaux revenus pour prendre des leçons
de danse
et d’équitation (1825).
Il a une vision très
intéressée de l’amitié. Il est introduit par le député MANUEL, chez le
banquier
LAFITTE, personnage sympathique qui, protège les revenus de Louis XVIII
pendant
les Cent Jours et les fonds de NAPOLEON avant de partir à Sainte Hélène.
En 1815, il verse 300.000
francs aux occupants prussiens pour éviter le pillage de Paris. Il fait
don de
2 millions à l’Etat à la 1ère restauration. LAFITTE évitera
de peu
la banqueroute. Pour tout remerciement, Louis XVIII le congédia de la
Banque de
France, faisant de LAFITTE un acharné opposant de la mouvance libérale.
THIERS fréquente assidument
le salon où passe le gratin de la bourgeoisie libérale et d’opposition
à
Charles X.
Citons BALZAC :
« Mr THIERS est une girouette qui malgré son incessante mobilité
reste sur
le même bâtiment…Mr THIERS a toujours voulu la même chose, il n’a
jamais eu une
seule pensée, un seul système, un seul but. Tous ses efforts y ont
constamment
tendu : il a toujours songé à Mr THIERS.
Il fréquente STENDHAL,
MERIMEE, INGRES, V. HUGO, CHATEAUBRIAND, LA FAYETTE, SAINTE BEUVE,
BERANGER et
bien d’autres, sans oublier le petit salon de Sophie DOSNE.
Citons CHATEAUBRIAND :
« je reconnais dans Mr THIERS, un esprit souple, prompt,
malléable, comprenant
tout, hormis la grandeur qui vient de l’ordre moral, ce qui ne
l’empêcherait
pas de nous faire étrangler le cas échéant».
On ne peut
s’empêcher de penser que c’est ce qu’il fera avec les
communards.
Vers 1820, THIERS adhéra à
la Charbonnerie qui comportait 60.000 membres, dirigée par la Haute
Vente,
présidée par LA FAYETTE. Elle fomenta un complot visant à faire tomber
le
pouvoir et rétablir la République par un soulèvement militaire (1822).
La
police informée, arrête en masse ; une dizaine de militaires
furent
exécutés, les 4 sergents de la Rochelle furent guillotinés en place de
grève,
sans trahir leurs chefs. La Charbonnerie fut dissoute suite au complot.
Dans la Charbonnerie,
THIERS prête serment, non pas contre la monarchie, mais contre la
branche aînée
des Bourbons. Bien reçu au salon de LA FAYETTE, rue d’Anjou, il n’a
jamais eu
la confiance du vieux général. Est-ce lui le dénonciateur du
complot ?
Par contre, il fut l’élève
et l’ami de TALLEYRAND, à 26 ans, il apprivoise
le grand machiavélique, politicien
international, qui a
marqué l’histoire de France de l’Empire à la Restauration. Celui dont
l’Empereur NAPOLEON 1er disait : « Vous êtes de la
merde
dans un bas de soie » Suite au désastre de la guerre d’Espagne, du
traité
de Paris (30 mai 1814) et de la Conférence de Vienne (9 juin 1815).
Premier
Ministre de Louis XVIII, congédié le 1er mai 1815, Louis
XVIII
préférant la Charte à la Constitution de TALLEYRAND.
Journaliste au National,
THIERS est reçu par TALLEYRAND à son domicile et prend toutes les
leçons de
politique qu’il peut. Il le fréquente assidument jusqu’à sa mort en
1829. Il
fréquentait parallèlement la duchesse de DINO, nièce par alliance de
TALLEYRAND
et qui fut sa maîtresse.
TALLEYRAND utilisera THIERS
pour déstabiliser les Bourbons, ces ingrats qu’il a installés sur le
trône et
qui l’ont chassé du gouvernement. Il informe THIERS sur tout ce qui
compte dans
le Cosme politique. Il devient son maître à penser. De TALLEYRAND et
FOUCHE,
l’on disait : « le vice appuyé sur le bras du
crime », de
THIERS et TALLEYRAND, on pourrait dire : « le crime appuyé
sur le
bras du vice ». THIERS était l’élève privilégié de TALLEYRAND.
Pour BALZAC, RASTIGNAC,
alias THIERS, n’est pas parvenu, il est arrivé.
THIERS fut co-directeur du
journal « le Constitutionnel » et surtout le créateur et le
véritable
patron du journal « le National », financé par la duchesse de
DINO.
A travers les articles
décrits par THIERS dans le « National », ont préparé les
conditions
de la chute de CHARLES X.
Par son extraordinaire
habileté politique, THIERS substitue au gouvernement ultra de VILLELE
et de
CHARLES X, l’héritier des Bourbons, légitimiste, le Roi LOUIS-PHILIPPE
de la
maison d’Orléans. THIERS fut, sur les conseils de TALLEYRAND, l’un des
instigateurs efficace de la substitution.
Citons
BALZAC : « l’opinion publique se fabriquait avec de
l’encre et
du papier », « la presse, c’est l’intelligence vendue par
trente
propriétaires » Aujourd’hui, c’est remplacé par la Télé ! Les
grands
patrons de presse ne font pas mieux de nos jours.
CHARLES X précipite sa
chute, en 1829, par la nomination du 1er ministre, le Prince
de
Polignac, fils d’une favorite de Marie-Antoinette, nommé prince par le
Saint
Siège.
Il nomme l’émigré LA
BOURDONNAIS à l’Intérieur : le bras armé de la Terreur Blanche de
1815.
Citons l’intéressé : « il faut des fers, des bourreaux, des
supplices, défenseur de l’humanité, sachez reprendre quelques gouttes
de sang
pour en épargner des torrents ! »
Il nomme, le général
BOURMONT, le traitre de Waterloo, à la Guerre. En 1815, retirant son
armée de
la défense de Paris, il a laissé les alliés envahir la capitale. C’est
une
provocation manifeste !
Avec ce gouvernement,
CHARLES X veut revenir avant 1789, effacer la Révolution et l’Empire.
Il
proclame : « la religion, la justice et Dieu commandent
d’anéantir tous ces codes infâmes pour endiguer l’impiété que l’enfer a
vomie
sur la France ».L’église de Rome soutenait sans réserve les ultras
CHARLES
X et POLIGNAC.
A partir du 3 janvier 1830,
THIERS est le principal instigateur du régime parlementaire de la
monarchie
parlementaire. Le Roi confie l’exercice du gouvernement à des ministres
responsables devant l’Assemblée. A l’époque, l’Assemblée est élue par
le régime
censitaire, c’est-à-dire par l’élite de l’industrie, de l’armée, des
Sciences
et des Arts, régime inspiré du positivisme d’Auguste COMTE.
La patte journalistique de
THIERS a joué pour beaucoup dans le déclenchement des 3 glorieuses. Le
5
janvier 1830, THIERS et les députés libéraux sur les conseils de ce
dernier,
refusent de voter le budget. Un article du « National »
entraîne de
fortes amendes à THIERS et SAUTELET (le gérant du journal). THIERS
ouvre une
souscription pour payer les amendes, des queues se forment, dire que le
régime
est impopulaire est un euphémisme !
CHARLES X fomente un coup
d’état (19 mars, discours au Parlement) GUIZOT rappelle « la
Charte »
à CHARLES X et fait voter à l’Assemblée, l’adresse des 221- demandant
au Roi de
respecter la Charte. La Chambre est dissoute le 16 mai. Si on rajoute
le marasme
économique, tous les ingrédients sont réunis pour la révolte :
nombreuses
faillites dans l’industrie, le commerce, mauvaises récoltes en 1828,
1829,
misère du peuple dans les villes et les campagnes, l’hiver 1829-1830
est rude.
Les pauvres, affamés et
sans feu, accusent CHARLES X. La crise s’installe, le Roi invente la
diversion
de la 1ère guerre d’Algérie : 27.000 marins, 36.000
soldats et
cavaliers sont envoyés sur l’autre rive de la Méditerranée pour
conquérir
Alger.
THIERS n’était pas le seul
instigateur du soulèvement, il y eut aussi REMUSAT, CARREL, MIGUET,
ETC …
de nombreux journalistes, des hommes politiques de 1er
plan :
LA FAYETTE, le Duc de BROGLIE, Benjamin CONSTANT, LAFITTE, Casimir
PERIER….
THIERS, suite à une
décision collective des journalistes, rédige « le brûlot »,
une
motion qui se termine par : nous sommes dispensés d’obéir »
signée
par 44 journalistes de tous bords.
Mardi 27 juillet : 1ère
Glorieuse.
Le Préfet de police MANGIN
fait intervenir ses flics contre les imprimeries de presse qu’il a
décidé de
saboter pour les rendre inutilisables. Certains traînent les pieds, ils
obéissent mollement, si bien que, vite réparées, elles impriment par
dizaine de
milliers des « bilboquets » : tracts, cloués sur les
arbres.
Le Roi confie au Maréchal
MARMONT, duc de Raguse, le rétablissement de l’ordre à Paris. Ce
traitre qui,
en 1814, abandonna Paris aux alliés, qui défileront dans Paris occupé.
Par la
suite le terme « raguser » signifiera « trahir ».
Les anciens grognards de
l’Empereur vont mettre en œuvre, dans Paris, leurs connaissances
militaires
qu’ils ont eux-mêmes subies dans les combats de rues en Espagne.
Les barricades se dressent,
les emblèmes royaux sont arrachés et remplacés par des drapeaux
tricolores.
Mercredi 28 juillet :
la seconde Glorieuse
Les combats font rage sur
les nombreuses barricades. MARMONT et ses troupes sont débordés contre
800.000
insurgés armés. La Garde nationale s’est, en partie, rangée du côté des
insurgés. La duchesse de Berry s’inquiète de savoir si la troupe a tiré
de bon
cœur sur les insurgés ? POLIGNAC déclare face aux défections de la
Garde
nationale, je cite : « la troupe nous quitte……il faut
tirer sur
la troupe ». Casimir PERIER galvanise les insurgés. A la réunion
chez
GUIZOT, une tentative de médiation, auprès de MARMONT, échoue en raison
de
l’attitude intransigeante de POLIGNAC.
Jeudi 29 juillet : la
troisième Glorieuse
2 régiments refusent de se
battre. Les combats débouchent sur l’avantage aux insurgés. Le Louvre
et les
Tuileries tombent. MARMONT se replie à Saint-Cloud par les Champs
Elysées et le
Bois de Boulogne. TALLEYRAND fait noter à son secrétaire : la
branche
ainée des Bourbons a cessé de régner sur la France. La victoire de
l’insurrection est totale.
THIERS, rentré au
gouvernement provisoire, lance un appel au Duc d’Orléans, le 30
juillet. Les 3
Glorieuses ont fait au moins 1.000 victimes, 200 militaires et 800
insurgés.
THIERS triomphe.
Le Duc d’Orléans accepte la
Charte et devient Roi des français, Louis-Philippe 1er .
Le rôle du peuple était
fini, celui du Roi commençait. Alfred de VIGNY raconte les combats des
3
Glorieuses dans une célèbre nouvelle : la canne de jonc (ou vie et
mort du
capitaine Renaud). Tout ce qui compte de politicards s’empresse
d’envahir le
Palais royal où Louis-Philippe est encadré par LA FAYETTE et LAFITTE.
La course
aux bonnes places est lancée. THIERS sera récompensé entre les
vainqueurs.
C’est la course aux récompenses distribuées, au détriment des
« épurés », souvent par les résistants de dernière heure,
ceux que l’on
nomme en politique, les « godillots ».
Une liste des destinataires
de la médaille « croix de juillet » est établie, 2.000
médailles sont
frappées par l’Hôtel des monnaies. « Médaille de la
résistance » de
l’époque.
Magistrats, préfets,
sous-préfets, responsables d’administration sont révoqués par
centaines. Place
aux « jeunes loups » (j’anticipe, le RPR n’existait
pas !)
LA FAYETTE gère 70.000
demandes à lui tout seul. Des personnalités émergent. HAUSSMANN,
blessé,
quémandera une sous-préfecture. Casimir PERIER devient président de la
Chambre
des Députés, MIGUET, ami de THIERS, conseiller d’Etat aux ministère des
Affaires étrangères. THIERS écope de la Légion d’Honneur. Il devient
également
député. Il sera à partir de 1830 et jusqu’à sa mort, un homme
politique. Il
fera profiter de la situation, le cénacle de ses amis de jeunesse.
Hormis
CAREL, qui, déçu, prendra la direction du « National » et ne
fera pas
de cadeau à THIERS.C’est la politique des « petits copains »
comme on
dit aujourd’hui.
THIERS se marie en 1833.
Il épouse, en la personne de Melle
Elise DOSNE, le capital, avec un grand « C». Les DOSNE sont
immensément
riches, propriétaires des mines d’Anzin.
(annexe)
En 1830 pour se présenter
aux législatives et être électeur, THIERS doit justifier le cens :
au
minimum 1.000 francs d’impôts annuels. La Société immobilière (DOSNE)
lui cède
un immeuble à Paris, valeur déclarée 100.000 francs, crédit total et
gratuit
pour M. THIERS. Le 18 octobre 1830, il
signe l’acte d’achat par trafic d’influence. Le 21 octobre, il est élu
député à
Aix. THIERS pour remercier son bienfaiteur, le fait nommer receveur
général à
Brest. Sophie DOSNE, mère d’Elise et maîtresse de THIERS, ne suivra pas
son
mari Alexis, conciliant. Un vrai bonheur pour les amants.
THIERS organise, en 1831,
la répression contre les canuts de Lyon poussés à la révolte par
d’épouvantables conditions économiques. Casimir PERIER déclara à la
Chambre : « il faut que les ouvriers sachent qu’il n’y a de
remède
pour eux que la patience et la résignation ». On se croirait en
2010, avec
FILLON, muet face au chômeurs en « fin de droits ».
Contre les insurgés, THIERS
déclare : « il vaut mieux l’arme blanche que l’arme à
feu »;
pour ne pas voir dans la presse : « on tire sur le
peuple » ce
qui alerterait l’opinion publique.
Ce ton prémonitoire
hypocrite, annonce déjà la férocité de la répression de la Commune de
Paris.
THIERS détestait le peuple et plus particulièrement les ouvriers dont
il avait
peur.
En 1832, suite à l’épidémie
de choléra, Casimir PERIER meurt le 16 mai. THIERS devient Ministre de
l’Intérieur (1er flic de France) dans une France au bord de
la
guerre civile. Des légitimistes aux républicains, les conditions des
affrontements sont réunies. Il réprime les émeutes de 1832. Ces émeutes
serviront de toile de fond à Victor HUGO dans son livre « les
Misérables ».
Il fit arrêter, par
dénonciation vénale, la duchesse de Berry, enceinte, qui tentait de
soulever la
Vendée. Elle est incarcérée dans la forteresse de Blaye. C’est un
exploit digne
d’un FOUCHE.
THIERS
est rappelé au Ministère de l’Intérieur, le 4 avril 1834 pour diriger
la
répression contre l’insurrection sociale des mutualistes de Lyon,
suivie par
l’insurrection républicaine de Paris, à l’occasion de laquelle BUGEAUD
se
distingua par l’un de ses crimes contre des civils : le massacre
de la rue
Transnonnain, commandité par THIERS. Il y eut au total environ 500 tués
dans
Paris.
THIERS devint et resta
maître de la répression contre le peuple insurgé.
A partir de 1834, les
républicains renoncent aux insurrections pour y revenir en 1848.
Dans cette période,
Louis-Philippe subira dix attentats anarchistes. Le plus célèbre fut
celui de
FIESCHI : 17 morts mais le Roi en sort indemne. La culotte de
THIERS
pleine du sang du Maréchal MORTIER, tué net par la
« machine »
infernale de FIESCHI. Le 30 janvier 1836, FIESCHI, MORY et PEPIN furent
jugés
et guillotinés.
THIERS est devenu, par ses
agissements, l’homme politique le plus haï de France. Même après sa
mort, la
ville du Havre a proposé au conseil municipal de débaptiser, en 1990,
la place
Thiers. On peut regretter que la démarche n’ait pas aboutie.
Sous Louis-Philippe, en
début de règne, la politique de développement économique n’est pas
négative : la machine à vapeur (625 en 1830, 4.833 en 1847),
l’industrie,
les mines, les chemins de fer, les canaux se développent.
THIERS propose et obtient
le retour, le 15 décembre 1840, des cendres de NAPOLEON ; un coup
médiatique. Malgré le discours de LAMARTINE à la Chambre, THIERS
obtient le
retour et s’occupe de tout. Ironie de l’histoire, il ne sera plus
Président du
Conseil au retour des cendres.
THIERS, instigateur de
l’affaire d’Orient a bien failli entraîner une nouvelle guerre avec
l’Angleterre, mais Louis-Philippe plus clairvoyant, mettra son veto à
cette
aventure périlleuse. Il déclara à propos de THIERS : « il
veut la
guerre, je ne la veux pas…. Je le briserai plutôt que de rompre avec
toute
l’Europe », il fait passer le message à METTERNICH et à la Reine
VICTORIA.
Lle personnage de
Louis-Philippe, Roi des français mériterait sans doute une planche
particulière ; d’autant que Louis-Philippe n’était pas d’accord
avec la
férocité des répressions opérées par THIERS.
Les crises financières, les
faillites, la crise économique, l’émigration des ruraux vers les
centres
industriels et miniers font naître un prolétariat exploité jusqu’à
l’esclavage.
Parallèlement à cette
paupérisation du peuple, des idées nouvelles naissent dans ce siècle
des
Lumières. Des philosophes conscients de la condition ouvrière,
proposent des
réformes en profondeur de la société, des solutions pour rendre plus de
justice
sociale.
La vie difficile rend
insupportable l’étalement du luxe des nantis, les fêtes princières à
Vincennes
ou ailleurs. Victor HUGO écrit : « c’était comme un
nuage de
haine autour de cet éblouissement ».
Le peuple ne retenait que
l’éternel « tous pourris ». Les utopistes portent sur les
fonds
baptismaux, le socialisme. Le positivisme d’Auguste COMTE inspira le
soutien de
Benjamin CONSTANT à la monarchie constitutionnelle de juillet. B.
CONSTANT fut
lui-même secrétaire de SAINT-SIMON.
Louis BLANC, RASPAIL,
PROUDHON, Pierre LEROUX (4 francs-maçons) SAINT-SIMON, BLANQUI, MARX,
ENGELS et
FOURRIER jettent les bases du socialisme. Le communisme apparait mais
ce terme
ne correspond en rien au communisme né au Congrès de Tours en 1920
(planche à
envisager).
Mr THIERS à partir de 1830,
député orléaniste et libéral, sera complice de l’ autiste GUIZOT.
THIERS à l’époque est
partisan de Louis-Philippe, le régime de la monarchie constitutionnelle
lui
convient. En raison de son attitude belliqueuse dans l’affaire du
conflit
égypto-turc, au Moyen-Orient. Louis-Philippe, ne souhaitant pas de
conflit avec
l’Angleterre, écarte THIERS du gouvernement en 1840. C’est alors la
traversée
du désert, THIERS ne reviendra au gouvernement qu’en 1870.
1841-1847, sont les années
heureuses de THIERS, il voyage. Entre 2 voyages, il
est choyé entre son ancienne maîtresse, Sophie DOSNE, la fille
de Sophie devenue son épouse, et sa belle-sœur. THIERS vit dans le
péché. Il
assume son machisme, il affirme : « les femmes ont souvent de
l’esprit, rarement de l’intelligence » Selon BALZAC,
« Delphine de
Nucingen livrait ses 2 filles à Rastignac ».
En 1844, THIERS est alors
rédacteur en chef du quotidien « le Constitutionnel ».
Lamartine dit
de lui : « il avait assez de salpêtre en lui pour faire
sauter 10
gouvernements ».
Trois femmes sous le même
toit pour lui seul, quelle santé ! En outre, certains
contemporains
l’accusent de se livrer à des orgies et d’ajouter quelques maîtresses
de
passage, quelle énergie dans le vice !
Dans cette période où les
bourgeois s’enrichissent, le monde rural, 75% de la population sur un
total
d’environ 35,5 millions d’âmes, réduit sa consommation de produits
artisanaux
et industriels. Une crise économique sans précédent, ébranle le secteur
artisanal et l’industrie.
Le chômage urbain augmente
et son corollaire, la mendicité. Le ministère GUIZOT est borné et ne
veut rien
savoir, rien réformer, rien, rien, rien dira-t-il.
LAMARTINE compare GUIZOT à
une borne monolithique. Louis-Philippe ne veut rien entendre, il refuse
d’étendre le droit de vote en abaissant le cens, fixé à 200 francs de
contribution minimum par an. Même THIERS avant d’épouser la fille DOSNE
ne
pouvait se permettre de voter et de se présenter aux élections.
Seulement
240.000 électeurs sur 35,5 millions d’habitants exercent le droit de
vote en
1848. La Chambre des députés, dans ces conditions, n’est absolument pas
représentative du peuple : « Chambre blanche horizon ».
Après son départ, écarté
par Louis-Philippe, du gouvernement en 1840, il siège à la Chambre dans
les
rangs de l’opposition. Si en 1845 il vote le budget, et en 1848, il
vote le
soutien à Louis-Philippe sur la question de la Régence, ce sont les
seules
exceptions. En 1847, il s’associe au programme commun de l’opposition
autour de
la réforme parlementaire et par voie de conséquence aussi de la réforme
électorale.
Son adversaire GUIZOT prend
ses désirs pour des réalités. Il rêve d’un grand parti conservateur
propice au
profit basé sur la croissance économique. Mais le partage n’est pas
équitable,
il est injuste. Les salaires des ouvriers baissent. Il faut une loi de
1842
pour interdire d’employer des enfants de moins de 8 ans et pour
interdire le
travail de nuit aux moins de 12 ans.
Les ouvriers crieront leur
révolte en 1848 sur les barricades. La prospérité économique s’est muée
en
crise (c’est travailler plus pour gagner moins !) faillites en
cascade,
chômage, augmentation du pain (aujourd’hui la baguette est passée à 1
euro, il
n’y a pas si longtemps c’était 1 franc, et personne ne réagit).
Une crise majeure se fait
jour. Plus la vie est difficile pour les prolétaires et les pauvres,
plus la
vision des abus des riches, des privilèges, du luxe étalé au grand
jour, et des
scandales immobiliers et financiers, sont insupportables.
Victor Hugo écrira à
l’époque : devant le luxe
étalé par les riches : une provocation par rapport à la misère du
peuple.
« C’était
comme un nuage de haine autour de cet
éblouissement du moment »
Comme tout rassemblement
était interdit, l’opposition organisa une campagne des banquets. Louis
BLANC
participa à cette campagne.
La campagne des banquets de
1848 aboutit sur un grand banquet final à Paris .
Thiers « pompier
pyromane »
attisera le feu
en restant dans l’ombre. Il veut faire
tomber Guizot, il ne souhaite pas renverser le gouvernement .Il participera à la chute de la royauté
sans le vouloir.
Le 22 février
c’est le banquet final il a lieu malgré l’interdiction, « sous
forme
d’émeute »
Le 22 et 23 février la
Garde Nationale, convoquée par le gouvernement,
n’obéit pas.
Ceux qui obéissent
crient : « vive la
réforme ».
Le roi congédie Guizot.
Dans la soirée du 23 un
coup de feu est
tiré sur les
soldats qui gardent le Ministère des affaires étrangères (comme en
1830.rue Transnonnains)
Les soldats tirent, 16 cadavres sont
entassés dans
une charrette qui fait le tour de Paris.
On crie vengeance on égorge le peuple.
Huit cents manifestants crient, vive
Thiers !,
vive la réforme ! À bas Guizot !.
Le roi fait appel à Mollé un proche de
Thiers pour
remplacer Guizot.
Mollé accepte mais estime qu’il est
impossible de
gouverner sans Thiers. Un messager vint chercher Thiers. Il lui
dit : « je
suis pressé il me faut des ministres »
Il est déjà trop tard !
Un nouveau bilboquet annonce le tandem
Thiers –Mollé
chargé de former un nouveau Ministère. Il est placardé par voie
d’affiches sur
les murs c’est signé Odilon Barrot Thiers.
Mais les révoltés de 1848 ne veulent pas
se laisser
voler leur révolution comme en 1830 !
Beaucoup ont
participé aux deux évènements.
Thiers proposera au roi un plan pour juguler l’insurrection. Il le reprendra en
grande partie
Pendant la Commune. Le roi Louis Philippe
ne veut pas
faire tirer sur le peuple.
Il dit à Thiers, récusé par la
rue: «Vous voila
à votre tour impopulaire ……ce n’est pas moi qui répudie vos
services ».
Il nomme Barrot nouveau président du
Conseil. Il signe son abdication au
profit de son
petit fils le comte de Paris sous la régence de la Duchesse d’Orléans.
Il s’enfuit aussitôt en voiture. Il gagne
l’Angleterre ou il restera en exil jusqu’à sa mort.
·
Le
24 février 1848, un
gouvernement provisoire est constitué, dans l’attente des élections d’une
nouvelle Chambre
des députés.
IL est composé de Dupont de
l’Eure, Président du conseil, Lamartine affaires
étrangères,
Crémieux, orléaniste,
Ledru Rollin, républicain, Cavaignac,
républicain
autoritaire, Louis Blanc, socialiste, Arago, savant F :. M :.
Le gouvernement provisoire
met en œuvre les principes de 1789 :
·
Hyppolite Carnot propose de
laïciser l’enseignement sans succès, par contre il obtient
l’augmentation du
salaire des professeurs
·
Ledru
Rollin fait établir le suffrage
universel masculin
·
Victor
Schœlcher secrétaire
d’état d’Arago promulgue le décret signé Lamartine du 27 avril 1848 de
l’abolition de l’esclavage
·
Suppression
de la peine de mort pour les
délits politiques
·
Suppression
des octrois
·
Ouverture
au peuple de l’accès à la Garde
Nationale
·
Suppression
de la prison pour dette
·
Suppression
des châtiments corporels
·
Proclamation
de la République
·
Elaboration
de la constitution de 1848
·
Louis
Blanc, pour endiguer le chômage,
propose et obtient, la création
des Ateliers Nationaux : sortes de coopératives subventionnées par
l’état.
Il participe à la commission du Luxembourg ou l’on réfléchit à
l’amélioration
de l’organisation du travail.
·
Le 2 Mars
la journée de travail est
limitée à 10 heures à Paris ;
11heures en province
Il faudra attendre1895 pour que
l’abolition de
l’esclavage soit effective dans les territoires
français d’outre –mer.
En 1980 une enquête de l’O.N.U. démontre
qu’il existe
encore de nombreux esclaves sur la planète. Frédérique MITTERAND en a
témoigné
récemment.
Suite à une manifestation ayant pour objet
le report
des élections Ledru Rollin diligente une brutale intervention militaire
.
Le 9 mai suite aux élections de
l’assemblée 500
républicains modérés sont élus ,100 républicains radicaux, et 200
monarchistes
formant le parti de l’ordre.
Mr Thiers est élu sous cette étiquette
réactionnaire
en toute logique .
Une partie importante des républicains
s’allie au
parti de l’ordre pour faire fermer les
ateliers nationaux sur les conclusions d’un rapport fallacieux,
sous
prétexte d’un coût trop élevé pour les caisses de l’état.
Le 22 Juin 1848 Paris se révolte contre
cette mesure
réactionnaire à l’encontre des plus défavorisés .mais aussi contre la
mainmise
du clergé sur l’enseignement .
Le général Cavaignac soigneusement choisi
parce qu’il
est républicain et très autoritaire
Est chargé de rétablir l’ordre.
Il réprime dans le sang l’insurrection
parisienne des
ouvriers .
·
Environ
5000 insurgés sont massacrés
·
4350 sont
déportés en Algérie
·
11000
personnes sont arrêtées
L’église soutient la répression et le parti de l’ordre contre la laïcité
dans l’enseignement.
Les bourgeois sont rassurés, leurs
privilèges
préservés. L’ordre règne. Les « rouges sont jugulés.
La République sociale est
morte, la réaction triomphe.
En raison de la
férocité de Cavaignac mais
aussi de
la situation économique et sociale. L’électorat se modifie au profit
des
bonapartistes. Thiers
et les Dosne ont été courtisés par
Napoléon
3,si bien que Thiers est devenu le plus ardent soutien du prince lors
de sa
campagne électorale.
Il fera son éloge dans son journal
« le
Constitutionnel ».
Voici les résultats de l’élection
présidentielle L(Décembre)
sur
9millions d’électeurs
·
Napoleon 3 obtient 75% des
suffrages 5 434 000 voix
·
Cavaignac obtient 19%
1 450 000
voix
·
Les 3
autres candidats dont Lamartine
(7910 voix) et Ledru Rollin se
partagent 6% restants
Aux Législatives L(septembre)
·
Le parti de
l’ordre est majoritaire avec
53% des voix
·
Les
démocrates (socialistes) obtiennent
une belle avancée 25%
·
Les modérés
sont laminés avec 11%
Les conservateurs sont effrayés par l’avancée des ROUGES.
Napoléon
3
Thiers sera durant deux ans
« conseiller spécial
du Prince Président » .Il pensa pouvoir
le manœuvrer. Or l’inverse se
produisit. Le Prince
Président s’avéra plus retors que Thiers. Thiers aura des doutes sur
leur fidèle
amitié lorsque
Napoléon 3 tenta en sous main de racheter « le
constitutionnel » trop tard ! L’auteur de
l’extinction du paupérisme fomentera et réussira son coup d’état. La
constitution ne lui permettait pas de
se présenter
aux élections quatre ans plus tard.
Le 2 décembre il est arrêté. Le 6 décembre
il est
relâché, le temps de réussir le coup d’état.
Thiers poltron s’exile 8 mois.
Il revient pour assumer sa charge de
député ultra conservateur.
Thiers reprend la tête de l’opposition le
17 janvier
1851par un discours à la chambre.
Sentant le vent tourner il prédit la chute
de
l’Empire.
Il passe dans l’opposition républicaine
« conservatrice »
*Il vota les
trois lois les plus réactionnaires de cette période. :
·
loi sur la
presse de Juillet 1849, remet
en vigueur le droit de timbre,
rend obligatoire la signature des articles, augmente le cautionnement.
Thiers
oublie le journaliste qu’il était en 1830.
·
Il prend
parti et fait voter deux lois
très réactionnaires sur
l’enseignement.
Le contrôle des instituteurs par l’église
catholique.
La loi Falloux sur la liberté de créer des
collèges
religieux dans l’enseignement secondaire.
Thiers a dénoncé le danger qu’il y avait à
éduquer
les pauvres. Il disait : « un peuple plus instruit serait moins enclin à cette utile
résignation »
Il faut tout de même donner quelques
rudiments au
peuple. Les prêtres sont mieux placés que les instituteurs pour cet
enseignement rudimentaire.
« L’instruction est un commencement
d’aisance,
l’aisance n’est pas réservée à tous ».
L’abbé Dupanloup
déclara : « Mr Thiers
est l’homme que les chrétiens ne devront jamais abandonner »
·
Le suffrage
universel est remis en
cause :
Par peur des Rouges Thiers inventa
l’expression
« la vile multitude »
La loi proposait de nettoyer les listes
électorales
en réservant le droit de vote aux électeurs inscrits
depuis plus de trois ans dans leur commune.2,5
millions de
prolétaires son rayés des listes .
Sous Napoléon 3, Thiers s’enrichit. Les
mines d’Anzin
rapportent, elles produisent le quart de la production totale de
charbon en
France. L’ «argent, le dieu de notre époque » dira-t-il.
« la bonne raison de l’argent sonne aux oreilles, même pour les
sourds ».
Napoléon 3 court à sa
perte :
L’expédition
d’Italie exaspéra le pape et les
républicains de Garibaldi.La coûteuse désastreuse expédition du
Mexique se
solda par un échec total.
Les troupes furent rapatriées en 1847
L’Empereur
Maximilien prisonnier fut exécuté.
Bismarck obtint la
neutralité de la France
dans sa
guerre contre l’Autriche .Vaincue à Sadowa le 3 juillet 1866 l’Autriche intègrera la Grande Allemagne
unifiée avec 60 millions d’habitants. La sidérurgie allemande
produisait les
canons Krupp les meilleurs d’Europe .Ceux que Mr Thiers admira lors de
l’exposition
universelle à Paris de 1867.
Cette politique suicidaire
va précipiter le pays à sa perte par la guerre
franco- allemande.
La crise Luxembourgeoise, la succession au
trône
d’Espagne (21Juin 1870) vont exacerber l’antagonisme Franco-Allemand.
Le 12 janvier 1870 à
l’enterrement de Victor Noir, Journaliste
assassiné, par le Prince
Pierre Bonaparte une foule immense 200 000 personnes
crie : « vive la République »
Thiers prophétise la chute de
l’empire .Il dit à
l’Empereur en 1870 « au train où
vont les choses j’irai peut-être vous serrer la main dans l’exil »
Léopold de Hohenzollern se porte candidat
au trône
d’Espagne .
Bismarck savait que la France prise en
tenaille ne
pouvait pas accepter cette situation.
Il veut la guerre .La France qui n’est pas
prête, va
tomber dans le piège malgré les nombreux
avertissements pathétiques de Thiers à l’Assemblée.
Le 19 juillet 1870, c’est
la France qui va déclarer la guerre à l’Allemagne une aubaine pour
Bismarck qui
a falsifié la dépêche d’Ems.
Début août toute
l’Alsace Lorraine est envahie.
Le 9 août l’Impératrice Régente remplace
Emile
Ollivier rendu responsable de la défaite par Cousin Montauban comte de
Palikao
comme Président du conseil .Responsable mais pas coupable dirait-on
aujourd’hui
.
Le 11 août à la Chambre :Thiers
intervient : « je vous suppliais de réfléchir avant de
déclarer
la guerre .Je ne pouvais pas le dire : la France n’était pas
prête ».
Le 18 août, Mérimée diligenté par
l’Impératrice se
rend chez Thiers pour lui demander conseil.
Le 2 Septembre C’est le désastre :
l’armée
française est dans le gouffre .Napoléon 3 est prisonnier,
Mac Mahon gravement blessé. Bazaine encerclé
à Sedan avec 130 000 soldats doit se rendre .
Le 3 Septembre le roi de Prusse reçoit
l’acte de
reddition de l’armée française « de Sedan » au château de
Bellevue.
L’Empereur est ensuite interné au château de Kassel en Allemagne .
Le 4 Septembre L’Empire est à terre.
Palikao, le
pillard du palais d’été de Pékin s’enfuit en Belgique . La République
est
proclamée , Jules Ferry, Gambetta composent le gouvernement de Défense
Nationale dans lequel il n’y a aucun socialiste .Ils sont
volontairement
écartés.
Quand je pense que cet imbécile de
Christian Estrosi
a eu le culot, en 2008, de demander
Le rapatriement des cendres de Napoléon 3
pour 2010
et que Bernard Accoyer veut le réhabiliter .Nos politicards n’ont aucun
scrupule, aucune pudeur.
Trochu, chef du gouvernement , tout
le
gouvernement, Rochefort compris, sollicitent Thiers pour appeler de
l’aide
auprès des autres pays européens.
A 73 ans, Thiers entreprend un voyage de 2
mois à
marche forcée, au terme duquel il revient bredouille, de nuit, à Tour
le 21
Octobre 1870.
Le 30 Octobre on apprend la reddition de
l’armée de
Metz 170 000 soldats sont faits prisonniers.
Thiers se rend dans Paris assiégé, avec
l’accord de
Bismarck !. Il passe la Seine en barque
sous les bombardements.
L’hiver 1870-1871 est très rude, la famine
s’installe
dans Paris assiégé par les Prussiens qui occupent le quart Nord-est du
territoire. Dans Paris, on mange du chien, du rat et tous les animaux
du jardin
des plantes.
Bismarck dira lors des négociations :
« des
enfants dans Paris ! il reste des enfants ? je croyais que
vous les
aviez tous mangés ! »
Le 1er Novembre Thiers se
présente devant
Bismarck : il demande un armistice qu’il
n’obtient pas.
Au bout de 2 autres tentatives Il obtient
un
protocole de paix pour ravitailler Paris et organiser des élections
nationales.
Un cesser le feu de 20 jours.
.L’arrêt des combats est signé Le 28
janvier 1871 par
Jules Favre et Bismarck.
Le 17 février Thiers est élu chef du
Pouvoir
exécutif.
Le 21 février Thiers négocie avec Bismarck
les
conditions de Paix (Cinq jours de
négociations ininterrompues)
C’est la capitulation .La France vaincue
doit
consentir les conditions des accords de paix qui seront ratifiés par
l’assemblée de Bordeaux nouvellement élue .
A savoir :
·
Le paiement
d’une indemnité de 5 Millions
or ;
·
Le
rattachement de l’Alsace-lorraine à
l’Allemagne ;
·
Belfort
garde un statut particulier
Seul contre tous, PARIS
résiste. C’est le
début de la Commune de Paris. Tous
s’attendaient à la révolte de Paris.
Le parti de l’ordre en 1848 c’était la
coalition des
monarchistes qui attendaient leur heure pour anéantir la République et le
Socialisme
naissant.
Thiers a eu peur .Il veut faire payer
cette peur aux
ouvriers.
A 73 ans il veut prendre la tête des
conservateurs
réactionnaires fussent-ils Monarchistes ou républicains.
Le 14 août 1870, une partie
des troupes d’illuminés blanquistes se lance à l’assaut. De la caserne
de
pompiers de la Villette à Paris, en ayant pour but d’instaurer la
République.
Ils vont de la Villette à Belleville en criant « vive la
république, mort
aux prussiens ». Vite arrêtés, le Conseil de guerre prononça 4
condamnations à mort.
Le 14 septembre 1870,
TROCHU, gouverneur de Paris, passe en revue la Garde Nationale, 300.000
hommes
échelonnés sur les boulevards, une acclamation immense s’éleva.
Jules FAVRE (Pétain avant
l’heure), négocie à Ferrières. Des négociations de Ferrières avec
BISMARCK,
rien n’avait transpiré, elles avaient scellé la capitulation aux
conditions de
l’occupant.
Le Comité des 21
arrondissements de Paris se réunit : Il demande au gouvernement la
lutte à
outrance.
Jules FERRY les reçoit,
donne sa parole d’honneur que le gouvernement ne traiterait pas avec
l’Allemagne. Il fit la promesse d’élections municipales pour la fin du
mois.
Trois jours ont suffi pour tout annuler par décret, et donc plus de
municipales
et capitulation devant l’ennemi..
Le chef de l’état-major de
TROCHU déclare « la résistance est une folie, tout espoir est une
chimère ». CREMIEUX, qui porte bien son nom, déclara « les
prussiens
entreront dans Paris, comme un couteau dans du beurre ».
Emile OLLIVIER, Président
du Conseil est remplacé, sur ordre de l’Impératrice
régente par PALIKAO, le vainqueur et pillard de
Pékin. Il déserte
comme un malpropre et se réfugie en Belgique.
L’Impératrice Eugénie part
discrètement en Angleterre.
Du 4 septembre, TROCHU dira
que ce jour a empêché un immense bouleversement social en France.
Jules FAVRE, avocat véreux,
arrive le 4 septembre à 16 heures à l’Hôtel de Ville, coiffé du képi de
garde
national et armé d’un fusil, la barbe en bataille « ça fait
révolutionnaire ». Il déclara par la suite : c’était
d’empêcher la
commune de s’y installer et que le Palais Bourbon ne soit pas la
répétition des
exigences des révolutionnaires de 1848 » - notamment d’instituer
un impôt
pour les riches d’un milliard de francs.
C’était archi-faux, les
rouges de l’époque ne songeaient pas à s’emparer du pouvoir.
Les 3 Jules : FAVRE,
FERRY et SIMON accuseront les « rouges » (comme ils disent),
d’avoir
voulu s’emparer du pouvoir. Les rouges vont
en fait être roulés par ce triumvirat.
« Mentez, mentez… il
en reste toujours quelque chose ! » dixit
Machiavel.
Il est vrai que ROCHEFORT
est encore à Sainte Pélagie. SCHNEIDER, l’affameur des grévistes du
Creusot, en
sa qualité de député, reçu quelques baffes de la foule, le 4 septembre.
Rarement dans l’histoire de
France, 2 hommes placés aux plus hautes responsabilités de l’Etat
n’auront
berné l’opinion publique autant que Jules FAVRE et le général
capitulard TROCHU
(sauf peut-être PETAIN et LAVAL). Ils ont trahi par crainte du
« péril
rouge ». Il est vrai qu’il fallait négocier, mais il aurait été
possible
de sauver les meubles. La garde nationale bien armée sur tout le
territoire
dont Paris, 300.000 soldats armés de canons, de mitrailleuses, protégés
dans
les forts. Tout ce dispositif a été quasiment abandonné à Paris. THIERS
commet
l’erreur lors de la fuite à Versailles, d’évacuer les forts, le 18
février. Le
19, TROCHU reprendra le Mont Valérien inoccupé.
En province, GAMBETTA
organise à Tours, une levée en masse.
La grande bourgeoisie par peur des rouges, préférait capituler, se
soumettre
aux fourches caudines de BISMARCK. Plutôt HITLER, que le front
populaire,
dira-t-on plus tard, après Munich.
Le déclenchement de la
Commune dans ces conditions était inévitable. GAMBETTA s’enfuit de
Paris
assiégé en ballon, jusqu’auboutiste, il alla tenter de soulever la
province.
Paris voulait se battre, continuer la lutte contre les prussiens. Dans
Paris,
les ouvriers sont très nombreux : 442.000 sur 1,8 millions
d’habitants
(recensement 1866), plus 70.000 artisans, avec 1 ou 2 ouvriers.
La population riche occupe
les 7ème, 8ème ,16ème et 17ème,
les
ouvriers et les moins aisés habitent le 10ème, 11ème,
12ème,
13ème, 18ème, 19ème et 20ème.
VARLIN dans son programme
aux élections législatives de 1869 propose la nationalisation des
banques, des
assurances, des mines. L’Assemblée, élue aux 2/3 de monarchistes ou
bonapartistes, méfiante de la population de Paris, siège à Versailles.
Sur les instructions de
THIERS, le 13 août 1870, elle prend des mesures très impopulaires voire
inapplicables :
-
suppression
du moratoire des effets de
commerce, des loyers et des
dettes (qui étaient gelés depuis les 1ers jours de la guerre), 3 termes
deviennent immédiatement exigibles, 150.000 personnes sont ainsi
menacées de
poursuites.
-
Suppression
de la solde quotidienne des
soldats de la Garde nationale
(1,50 franc par jour)
Ces mesures rappellent au
peuple le THIERS de 1848, chef du parti de l’ordre.
Le gouvernement décide
ensuite de désarmer les parisiens, de récupérer 227 canons de
Belleville et
Montmartre, que les parisiens avaient payé par une souscription.
THIERS avait commandé la
construction des fortifications qui entourent Paris. En 1848, il avait
proposé
au Roi Louis-Philippe d’enfermer les insurgés dans la ville pour mieux
les
réprimer.
Le 27 février, Ernest
PICARD, ministre de l’Intérieur, fait placarder des affiches, sur
instructions
de THIERS, pour annoncer le défilé de 30.000 prussiens dans Paris le 1er
mars. Le Comité central évita l’affrontement avec les prussiens par une
affiche
noire, malgré une réelle résistance interne.
Le 17 mars, THIERS envoie
la troupe sous le commandement du général VINOY, pour s’emparer des
canons sur
la butte Montmartre. Le même jour, il prend soin de faire arrêter
Auguste
BLANQUI, réfugié chez un ami dans le Lot. Il le fait transférer en
Bretagne
avec ordre de tirer en cas de tentative d’évasion.
La troupe fraternise avec la
population. Les 2 généraux Clément THOMAS et Claude LECOMTE, qui ont
participé
aux massacres de 1848, sont capturés et fusillés, leurs corps sont
exposés.
L’expédition VINOY tourne court.
Plusieurs tentatives de
conciliation ont eu lieu, les 18 mars et 20 mai, dans l’intention
d’éviter la
guerre civile. Le 7 avril 1871, 5
délégués (RAULT, LEVALLOIS, MARESTAING, LHUILLIER, Jules AMIGUES,
furent
éconduits sèchement par THERS qui leur dit : « que
l’insurrection
désarme d’abord ! ».
L’Union Républicaine des
Droits de Paris tenta sa chance le 11 avril, cette coalition était
composée,
presque exclusivement de Francs-maçons et/ou de députés
démissionnaires :
Charles FLOQUET, Georges CLEMENCEAU, Edouard LOCKROY, Victor
SCHOELCHER. 3
délégués se rendirent chez THIERS : BONVALLET, DESSONAZ et Armand
ADAM, 2ème
réponse « que l’insurrection désarme ! ceux qui auront
déposé
les armes auront la vie sauve ! nous ne puniront de mort que les
assassins
de THOMAS et LECOMTE »
La plus importante
tentative de conciliation fut celle des francs-maçons. Le 11 avril, les
délégués des loges reçus par THIERS se virent opposer comme
réponse :
« adressez-vous à la Commune ! ce qu’il faut c’est la
soumission des
insurgés » Le 21 avril, re-belotte, les loges envoient à
Versailles de nouveaux
délégués. De retour ils organisèrent au Châtelet, une réunion à
laquelle
participèrent 1.000 francs-maçons. Le 26 avril, une nouvelle délégation
à
l’Hôtel de Ville et 2.000 francs-maçons se rendirent en cortège, rue
Cadet.
Suite à l’offense proférée par
THIERS aux 2 Orients, le 29 avril, 10.000 francs-maçons plantent leurs
drapeaux
sur les remparts de Paris. Cette manifestation fut dispersée par une
canonnade
à partir le Mont Valérien. Beaucoup de frères moururent sous leur
bannière.
LEFRANCOIS, franc-maçon, déclara que « la foule a compris la haute
portée
morale de l’acte qui s’accomplissait ». A la barricade du pont de
Courbevoie, le général versaillais et franc-maçon, MONTAUDON, laisse
passer 3
délégués pour Versailles pour une ultime conciliation, mais ils n’ont
rien
obtenu.
L’intransigeance de THIERS
démontrait sa volonté d’assassiner la Commune de Paris.
Le 11 mars, sur ordre de
THIERS, VINOY interdit, en toute illégalité, 6 journaux dont le
« Cri du
peuple » de Jules VALLES, le « mot d’ordre » de
Rochefort. Le
Conseil de guerre condamne à mort les dirigeants de la journée du 31
octobre.
Il condamne à mort également FLOURENS et BLANQUI (celui-ci a passé 43
ans de sa
vie en prison).
Jules FAVRE se rend le
lendemain à Ferrière pour s’entendre avec BISMARCK, il s’agit de
préparer, avec
l’aide des allemands, la répression contre Paris. THIERS exacerbe
volontairement la colère des parisiens pour noyer ensuite dans le sang
la
dissidence.
Les mesures de harcèlement
prises par THIERS vont pousser une partie de la petite bourgeoisie à
rejoindre
les communards.
Suite à l’insurrection du
28 mars, THIERS gagne Versailles, 100.000 parisiens des quartiers chics
l’y
suivent.
Le 26 mars, des élections
au Conseil de la Commune sont organisées. Ce conseil comporte toutes
les
tendances républicaines et socialistes – jacobins majoritaires :
DELESCLUZE, Félix PYAT, GAMBON, GROUSSET, à peine plus de
radicaux :
ARNOUD, AMOUROUX, Victor CLEMENT, BERGERET, une dizaine de
blanquistes :
J.B.CHARDON, EUDES, Théophile FERRE, RIGAULT, RANVIER, quelques
proudhonniens : FRANKEL, MALON, VARLIN, et quelques
indépendants comme Jules VALLES, Gustave COURBET.
Le quart des dirigeants
de
la Commune était franc-maçon
Commune de Paris.
THIERS avec l’aide
de
Bismarck, a eu le temps de préparer une armée de 130.000 hommes isolés
à
Satory. Toute tentative d’approche était punie de mort.
Le 22 mai 1871, les troupes
du Général DOUAI, sous les ordres de MAC-MAHON, entreront dans Paris
par la
porte de Saint-Cloud, informées par les agents de THIERS, infiltrés
dans Paris,
de l’absence de « communeux » à cet endroit.
Suite à la seule victoire à
Coulommiers, le 3 décembre 1870, THIERS, qui a dissuadé le général
AUREL de
PALADINE de fondre sur Paris, ne voulait qu’une chose : écraser la
Commune.
Jules Ferry, maire de Paris, favorable à
la
répression écrira :
« une barricade se dresse, nos
soldats la
tiennent, tandis qu’en face au pont Louis Philippe, le hideux drapeau
rouge
déploie son haillon sanglant sur une barricade qui tire encore sur
nous…Je les
aie vues les représailles du soldat vengeur, je me suis incliné, comme si j’apercevais l’épée de l’Archange ».
130.000 versaillais contre 20.000 gardes
nationaux,
le combat est inégal.
Voici le résultat du crime de masse :
25 000 morts la plupart exécutés sans
jugement
en dehors des combats.
Beaucoup n’étaient pas
communards.
43 522 prisonniers partirent à pied à Versailles vers Satory les manèges
Ou
la caserne Lobeau pour y être fusillés.
10 000 Déportés vers Cayenne ou la
Nouvelle
Calédonie .
1000
soldats versaillais périrent
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